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Le blog de Saint Martin Lars en Sainte Hermine

la petite,toute petite histoire de la petite commune de Saint Martin Lars en Sainte Hermine.


Nouvel éclairage sur le phare de Braignard

Publié par Claude GILBERT sur 26 Août 2015, 20:01pm

" Il y a longtemps, bien longtemps quand la mer  venait au moins jusqu'à Luçon, il y avait un phare à Saint Martin Lars. Oui, un phare pour guider les bateaux comme le phare d'Alexandrie ou de l'île de Ré. Il était situé à proximité de la ferme de Braignard à une altitude d'environ 80 m. Et les marins , au loin, étaient rassurés."

Quand on m'a parlé, la première fois, de l'existence de ce phare, j'ai pensé qu'on voulait tester ma capacité de jugement comme lorsqu'on envoie le nouvel apprenti chercher la corde à virer le vent. Grossière erreur de ma part: "Ce phare a bien existé, on nous l'a toujours dit".

Il ne me restait plus qu' à chercher à comprendre d'où venait cette certitude et le fond de vérité.

Comme le hasard est parfois sympathique (et que je l'aide souvent), j'ai découvert un premier responsable. Il s'appelle Alexandre Bitton et il a écrit en 1886 quelque chose qui va beaucoup nous éclairer. Dans un article intitulé "Les tonnelles et les lampes du Bas Poitou" publié dans l'annuaire départemental de la société d'émulation de Vendée, il échafaude la théorie selon laquelle tous les lieux qu'il a répertoriés et qui sont désignés sous le nom de "lampe" ou "lanterne" seraient en fait des endroits où on entretenait un feu voire une simple lampe à huile pour guider les navires la nuit...

Carte des phares dressée par A Bitton (détail). A Saint Martin Lars, c'est la lanterne.

Carte des phares dressée par A Bitton (détail). A Saint Martin Lars, c'est la lanterne.

De telles recherches exposées devant un parterre de savants lettrés ne pouvaient être que crédibles. D'où leur diffusion auprès des habitants de la région. L'extraordinaire est toujours séducteur. Et voilà Saint Martin Lars doté d'un phare pour longtemps, même si une reconnaissance sur le terrain ne nous livre pas la moindre trace de cette merveille.

Depuis, les recherches en toponymie ont montré que le terme "lampe" désignait des ténements* dont le revenu servait à entretenir le luminaire de l'autel dans l'église paroissiale. Ce luminaire, témoin de la présence divine dans l'édifice devait fonctionner en permanence. Cela avait un coût financier et en même temps n'avait pas de prix, à cause du symbole.

Le ténement en question  se voyait donc doté d'une identité bien spécifique pour le protéger de toute malversation. Il vaut mieux être le bois de la Lampe plutôt que la chênaie  ou le bois Durand

N'y aurait il pas un tel toponyme qui aurait été oublié du côté de Braignard?

Une petite recherche sur le cadastre de 1828 (le premier sur Saint Martin Lars) nous le confirme. A cette date, il existe 5 parcelles qui portent le nom de "Bois de la lampe". Mais il y a fort à parier qu'on ne savait déjà plus ce qu'était cette lampe.

D'ailleurs, en 1886, elle était devenue une lanterne selon l'enquête de Bitton.

Les 5 parcelles constituant "le bois de la lampe" sur le cadastre de 1828

Les 5 parcelles constituant "le bois de la lampe" sur le cadastre de 1828

Tous les éléments sont réunis pour comprendre le cheminement de l'imagination depuis la lampe jusqu'au phare en passant par la lanterne.

Et c'est peut être ce cheminement qui est le plus étonnant, même si on peut déplorer que c'est au détriment de la mémoire.

 

* ténement: terre tenue moyenant redevance.(Larousse)

Sources: Arch Vendée (arch. num.)

Les tonnelles et les lampes en Bas Poitou A Bitton BIB PC 16/15

Cadastre napoléonien  Saint Martin Lars

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J
Beau travail Claude
Bravo
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M
Incroyable
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V
Excellent. !
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